Boîte à outils


Quelques nouvelles écrites à partir d’un fait divers en 2nde 3

Par Dusseux - le 27/03/2009

Dans le cadre d’un travail d’écriture réalisé en classe puis achevé à la maison , la classe de 2nde 3 s’est inspiré d’un fait divers canadien pour rédiger une nouvelle. Le sujet était le suivant : un ours s’aventure dans un fast-food mais dédaigne la nourriture.

Voici quelques exemplaires plutôt réussis :

« Subway » Une cuisine pas si internationale

Comme tous les matins, Rebecca Branton se préparait à aller travailler. Elle venait d’ouvrir un « Subway », petit restaurant situé en périphérie de la petite ville de Colombie Britannique où elle résidait. « Subway » n’était pas le nom de son chat mais celui d’une chaîne américaine n°1 sur le marché de la sandwicherie. Pour eux il était évident que leurs produits contentaient même les plus difficiles... Encore de la publicité mensongère !!! N’habitant pas loin de son lieu de travail cette directrice dynamique ne prenait jamais sa voiture. Quelques mètres avant « Subway », se trouvait un immense verger. Son petit-déjeuner e terminait d’ailleurs toujours par un de ces délicieux fruits, qu’elle piquait en passant et à qui personne ne pouvait résister. Aujourd’hui, elle était seule à la boutique jusqu’à midi : « -J’ai du pain sur la planche si je veux que tout soit prêt pour le coup de feu, se dit-elle intérieurement ». Elle s’installa dans la cuisine qu ’elle trouvait spacieuse et fonctionnelle grâce d’une part au matériel très sophistiqué qu’il y avait mais aussi et surtout à cause des multiples accès existants. Il y avait en tout trois portes donnant accès respectivement à la salle du service, à l’arrière-cour où se trouvaient les poubelles, et la dernière donnant directement sur la route pour faciliter les livraisons. Elle aimait d’ailleurs beaucoup cette troisième porte car faite dans un matériau non isolant et étant certainement peu épaisse, de la cuisine, on entendait tous les ragots dont parlaient les mégères en passant. Ce n’était qu’un moyen comme un autre de se distraire. Après avoir enfilé son tablier, elle se mit au travail. Voilà 2h00 qu’elle s’activait en cuisine lorsqu’elle entendit un bruit bizarre comme une chute d’objet lourd, tout proche du restaurant. N’entendant plus rien, elle ne s’attarda pas sur l’incident. Des larmes pleins les yeux elle se consacrait à une pénible découpe d’oignons lorsqu’elle entendit une porte s’ouvrir dans son dos. « -On est fermé, clama-t’elle d’une voix claire et distincte » Un pur réflexe professionnel. Un grognement lui répondit. La jeune femme fit immédiatement demi-tour. Face à elle se tenait un immense ours noir, les babines remontées, les yeux fixés sur son visage, l’air affamé ! Au lieu d’hurler, elle répéta :  « -On est fermé. » Puis elle sembla se rendre compte du ridicule de la situation. Elle, frêle silhouette blonde, se trouvait à moins d’un mètre d’un des animaux les plus dangereux de Colombie Britannique, avec pour toute arme de défense : un couteau dans la main gauche et un oignon dans la droite. Et par dessus le marché, ils n’étaient séparé que par un plan de travail recouvert de nourriture. Aussitôt la peur la saisit, elle se plaqua vivement au mur ; elle ne pu retenir un cri de douleur quand un objet rond lui rentra dans le dos. Elle se décala, et regarda fixement l’animal, l’air hébétée. Bizarrement il ne semblait nullement intéressé par sa présence. Elle le regarda s’avancer, sentir les sandwiches sur la table. Elle ne voyait aucune issue, la porte de la salle était bien trop loin et pour atteindre celle des poubelles il lui faudrait contourner l’ours : « - Autrement dit, impossible, pensa t-elle intérieurement. »  Il se dressa subitement sur ses pattes, il était gigantesque ; la peur noua encore plus le ventre de la jeune femme. Elle balbutia un « gentil, gentil » plutôt inefficace. Rebecca se sentait perdue, elle entendait les voitures dans son dos :

« -C’est d’ailleurs surprenant que je les entende si bien, se dit-elle, les murs doivent être bien fins. Mais ça ne résout pas mon problème, je n’ai aucun moyen de communiquer avec l’extérieur !!! » Elle ne voulait pas crier par peur de la réaction de l’ours. « -Mon portable, pensa t-elle subitement. » A l’instant même où elle le vit, posé en évidence sur le plan de travail, la bête s’y laissa retomber lourdement, et le bruit qui s’ensuivit ne présageait rien de bon quant à l’état de son téléphone. L’ours plongea une de ses immenses paluches dans les bacs contenant les denrées du midi. Il la ressortit plusieurs sandwiches enfilés au bout de ses griffes. Contre toute attente il ne les dévora pas tout de suite. Il les retourna, les renifla, hésitant. Rebecca aurait presque pu trouver la scène comique s’il elle ne s’était pas trouvée en si mauvaise posture. Le manège de l’ours dura bien 10 minutes, pas un seul instant il ne toucha les victuailles. Finalement il secoua sa patte et se débarrassa de toute nourriture. Si Rebecca n’avait pas eu devant elle un ours noir assez éloigné du genre humain, elle aurait presque pu dire que son attitude, son regard ressemblait à du dépit. En tout cas elle, était bien humaine et on pouvait sans hésitation dire que ce fut la surprise qui se peignit sur son visage. Cette expression ne fit que s’accentuer lorsqu’elle vit l’ours repartir par où il était venu sans même la regarder ou lui montrer quelques signes d’interêt. Elle mit un peu de temps à réaliser ce qui venait de se passer. La jeune femme ne comprenait absolument rien, les ours étaient pourtant bien carnivores !!! Et pourtant, elle était resté presque 20 minutes en compagnie d’un de ces mammifère et elle s’en tirait sans aucune égratignure. Elle s’avança jusqu’au poste de travail, s’appuya et reprit peu à peu ses esprits : « - Ok, calme toi ma vieille c’est fini, murmura t-elle, tu t’en es bien sorti, souffles... Réfléchis calmement, qu’est ce que tu dois faire d’urgence ? Raconter aux collègues, non, non, ce n’est pas la priorité. Prévenir, c’est ça il faut prévenir les autorités !!! » Elle alla jusqu’à la salle du service prit le téléphone fixe et composa le 12. Après son appel, et malgré les recommandations du policier à qui elle avait parlé elle ne pu s’empêcher d’aller voir si l’ours était toujours dans les parages. Elle prit son courage à deux mains et refit en sens inverse le chemin de l’animal. Une fois sortit, elle ne fit que quelques pas avant d’aperçevoir un groupe de curieux en train de se former tout autour du verger. Elle s’approcha, et le vit, tranquillement posé dans le verger voisin, à dévorer les pommes d’un arbre récemment déraciné !!! « -Alors comme ça, pensa-t’elle en souriant, monsieur a des préférences ! La cuisine américaine ne lui convient pas, « l’American way of life » n’a donc pas que des adeptes. Heureusement pour moi que les canadiennes blondes non plus !!! » Au moment où la jeune femme entendit au loin les sirènes de police elle pensa que la fin de la journée risquait d’être plus longue que prévue : « -Avant toute chose je vais aller téléphoner aux autres pour leur annoncer que l’on ferme le restaurant pour la journée » Elle retourna donc rapidement en direction de « Subway ». En entrant dans la cuisine, elle stoppa, cligna des yeux et regarda le mur sur lequel elle s’était adossé pendant ce quart d’heure cauchemardesque. La porte des livraisons y tronait fièrement, sa belle poignée ronde semblant narguer Rebecca au milieu ....

Dewals Marie

La prise de conscience

Cela faisait à présent un an que Rebecca Hampton travaillait à Subway. Malgré ses heures impossibles et les clients pas toujours sympathiques, elle appréciait son travail. Elle n’aurait pas su dire pourquoi. Peut-être était-ce le cadre ? La ville était entourée de forêts verdoyantes abritant de nombreux animaux. Ou était-ce tout simplement le plaisir de servir de vrais crudités ? Ce matin, elle faisait l’ouverture. La jeune fille aimait cette tranquillité, toute la ville dormait encore – y compris les animaux environnants ! Quant elle entra dans le restaurant, une odeur de produits d’entretien lui emplit les narines, elle eut un léger vertige. Bob, son collègue, qui avait fait la fermeture la veille au soir avait tendance à ne pas lésiner sur ce genre de substances. Il avait une peur monstre d’éventuels contrôles sanitaires qui pouvaient remettre en cause son implication pour Subway et de ce fait, sa promotion. Avec cette odeur de détergents et cette cuisine remplit de nourriture sous-vide, Subway ne tenait pas la promesse que prônaient toutes les affiches publicitaires « Des aliments sains et naturels dans un environnement sain et naturel » Rebecca n’avait alors qu’une petite heure pour transformer le lieu avant l’arrivée des clients. Alors que Rebecca entreprenait de déballer les viandes pour accompagner les légumes déjà sur le présentoir dans le plus grand respect de la chaîne du froid, elle entendit des pas lourds et sans délicatesse fouler le sol aseptisé du fast-food. Elle s’étonna : d’habitude les clients ne venaient pas si tôt. La jeune fille retira ses gants et son masque, se recoiffa rapidement et adopta un sourire qui se voulait naturel. Au moment où elle sortait de la cuisine, un grognement s’éleva. Tentant d’en trouver l’origine, elle découvrit avec horreur qui était son premier client de ce mercredi 28 octobre. Il possédait deux petits yeux perçants, où luisaient un mélange de peur et d’étonnement. De sa gueule ouverte s’échappaient des feulements craintifs. Son corps, couvert de poils noirs inspirait la force et la puissance. Campé sur ces deux pattes arrières, sa taille monstrueuse avoisinant les trois mètres confirmait cette première impression. Un ours ! Un ours brun dans son fast-food ! Rebecca se sentit défaillir. Alors seule dans le restaurant, elle se devait de dominer sa peur, il en allait de sa survie ! Comment était-ce possible ? Comment avait-il pu entrer ? Soudain elle réalisa que, par habitude, elle avait laissé la porte grande ouverte afin de dissiper cette odeur de détergents. Elle était tétanisée, lorsqu’elle vit l’ours se diriger vers la nourriture présentée à destination du client. Craignant qu’il l’aperçoive, elle se cacha dans l’encoignure de la porte et saisit un couteau. L’ours huma chaque ingrédient. Il paraissait affamé et apeuré. Néanmoins, l’animal dédaigna la nourriture : un réel dégout se lisait sur son visage. Rebecca, toujours dissimulée, ne pu retenir un hoquet de surprise lorsqu’elle vit l’ours se diriger vers la porte et s’enfuir en direction de la forêt. Elle mit de longues minutes à réaliser ce qui venait de se passer. Puis, décidée à comprendre l’étrange comportement de l’ours, elle ferma son restaurant. Jamais auparavant elle n’avait vu un animal de cette corpulence entrer dans un restaurant de la ville ! La faim semblait être sa seule motivation. Pourquoi alors n’avait-il rien mangé ? Il n’avait fait que sentir les aliments. La jeune décida donc de faire la même chose. Elle eut beau fermer les yeux et se concentrer, la jeune femme ne détecta nullement l’odeur douce et sucrée des tomates, ni celle amère de la salade et encore moins l’odeur caractéristique des concombres. Elle se mit à gouter chaque ingrédient. Aucune saveur ne se dégageait de quelque aliment que ce soit. Il lui restait néanmoins en bouche un arrière goût détestable de produits chimiques lui obstruant la gorge. Et si aucun des aliments proposés par Subway ne possédait les caractéristiques des vrais légumes ? Quelle était leur provenance ? Et si tous ces aliments n’étaient qu’une solution de produits chimiques additionnés ? Elle éludait soudain le mystère de ces grandes boîtes en plastique déposées tous les jours, à l’aube par une société de restauration rapide. Lesquelles boîtes nécessitaient le port obligatoire d’un masque pour leur manipulation. La jeune femme culpabilisa soudainement vis à vis de ses clients et de ce qu’elle leur servait. Rebecca était complice de cette mascarade organisée autour d’un slogan « Des aliments sains et naturels dans un environnement sain et naturel » La jeune fille entreprit alors de faire quelque chose que ce matin, en se levant, elle n’envisageait aucunement... La surprise fut de taille pour M. Jones, directeur du Subway du nord de la Colombie Britannique lorsqu’il découvrit une lettre de démission signée de Rebecca Hampton. Les raisons invoquées lui parurent obscures. En effet, Rebecca mentionnait un ours qui lui aurait ouvert les yeux sur ce qu’était réellement Subway ! Il classa la lettre, sans suite, certain que dès le lendemain matin, une autre jeune fille, intéressée par le poste et ayant moins de scrupules, viendrait se présenter à lui.

ELISE HENRY 2ND 3

estin funèbre

Rebecca BRONTON, une jeune et belle femme de 26 ans habitait dans le nord de la Colombie Britannique, dans un petit village situé dans les montagnes. Elle venait de se marier et était la plus heureuse de toutes. Elle avait ouvert un fast-food de la chaîne Subway il y avait moins d’un an et s’apprêtait à aller au travail, une routine qu’elle appréciait désormais. Après avoir ouvert son restaurant, elle enfila sa tenue de travail et alla préparer ses plats dans les cuisines. Il était 8h15 et le personnel n’arrivait qu’à 9h00. La jeune femme cuisinait tranquillement en écoutant la radio. Elle découpait les légumes, faisait cuire la viande, lavait les fruits et préparait les gâteaux avec délicatesse lorsqu’elle entendit la cloche retentir. Ce n’était ni l’heure d’ouverture, ni l’heure d’arrivée du personnel. Rebecca trouva cela étrange. Elle se dirigea alors vers l’entrée du restaurant où les chaises et les tables étaient invisibles car le soleil ne s’était pas encore levé. On n’y voyait rien. La jeune femme apercevait à peine la silhouette de la personne qui lui paraissait immense. L’individu respirait très fort. Rebecca alluma la lumière et eut un énorme choc. Cet individu mesurait au moins 2m50, il était recouvert de longs poils marrons hirsutes, ses crocs sortaient largement de sa bouche et il possédait des griffes d’environ 5cm. C’était un ours des montagnes. Rebecca poussa un cri extrêmement aigu à la vue de cette immense bête. Elle était effrayée et courut au fond au fond du fast-food pour se réfugier dans un coin. Elle voulut appeler la police mais la lumière s’éteignit au même moment, signe qu’il n’y avait plus de courant. En effet, elle avait vu par un trou l’ours déchiqueter les fils électriques du générateur. Elle commença à paniquer. L’ours détruisait tout sur son passage. Il faisait tomber les chaises, tomber les tables, détruisait les comptoirs , décrochait les lampes…Rebecca l’observait affolée et le vit se diriger vers les cuisines. Il prit les plats qu’elle avait préparés et les avala d’une bouchée, comme s’ il n’avait pas mangé depuis trois jours . Il fouillait les placards de fond en comble à la recherche de n’importe quoi et mangeait tout ce qu’il trouvait. Il se dirigeait maintenant vers l’endroit où se trouvait le jeune femme . Elle essaya de retenir sa respiration mais la relâcha au bout d’une vingtaine de secondes. L’ours, qui était à moitié aveugle, avait un très bon odorat et sentit l’odeur humaine très rapidement. C’est à ce moment précis que la situation tourna au drame. En une fraction de seconde, l’ours la prit par la jambe avec sa gueule et ses crocs s’enfoncèrent dans la chair de la jeune femme. L’ours la traîna en dehors du restaurant pour l’emmener dans son territoire. Pendant le trajet très douloureux, la jeune femme essaya d’appeler à l’aide avec le peu de force qu’il lui restait. « Au.. .au…au secours ! Ai…aidez moi ! j...j…je vous en su…supplie ! » bégayait Rebecca mais personne ne l’entendait tellement sa voix était faible . A chacun des pas de l’ours, la tête de Rebecca cognait par terre. Ses vêtements furent déchirés et sa peau écorchée. Elle était très mal en point et ces différentes blessures s’aggravaient peu à peu. L’ours la lâcha au milieu de la forêt. Elle était en sang allongée par terre telle une défunte. L’ours lui tournait lentement autour puis s’arrêta net face à elle. Il se leva sur ses pattes inférieures et poussa d’énormes grognements. Elles pensait que c’était la fin pour elle lorsqu’il devint tout raide et tomba en arrière. Il venait de mourir… Les grognements de l’ours avaient attiré l’attention du garde forestier qui arriva peu après, muni d’un fusil. Lorsqu’il vit la jeune femme allongée au sol pleine de sang, les yeux fermés, il appela directement le SAMU qui arriva vingt minutes plus tard. Les secours emmenèrent Rebecca à l’hôpital le plus proche. Elle y resta un mois et demi et eut de la rééducation pendant 4 mois. Quant à l’ours et aux étranges causes de sa mort, des recherches furent faites et des légistes affirmèrent aussi bizarrement qu’il soit qu’il avait trouvé la mort à cause de la nourriture qu’il avait ingurgité au fast-food. En effet, son allergie aux aliments du Subway lui fit exploser l’estomac.

DIROU MARIE 2NDE 3

anique au fast-food. Elena Le Scornet         Ce matin-là, Rebecca Branton rentrait dans sa toute nouvelle voiture flambant neuve, qu’elle venait de s’acheter avec sa prime. Elle vivait à Squamish, une petite ville canadienne entourée de superbes forêts. Comme tous les matins, depuis maintenant dix ans, elle partait ouvrir le fast-food Subway où elle travaillait. Comme tous les matins donc, elle ferma sa porte à 8h30, démarra sa voiture à 8h31 et arriva à son travail à 9h précises. L’euphorie d’avoir une nouvelle voiture, peut-être, lui fit oublier de fermer le restaurant derrière elle. Elle commença à vérifier les commandes et à préparer les légumes en sifflotant quand le shérif entra par la porte restée ouverte.  
- « Hello Rebecca, comment va ton mari ? Tu ne devrais pas laisser cette porte ouverte,  les normes de sécurité sont de plus en plus strictes. Je pourrais avoir deux cafés s’il te plaît ? Le collègue est entrain de garer la voiture. »   Tout à coup, la porte s’ouvrit, mais au lieu du collègue, apparut un grizzli. L’ours avança au milieu de la cuisine et Rebecca en resta tétanisée. Le shérif commença à dégainer son arme et rassura Rebecca en lui disant que tout irait bien. si elle ne bougeait pas. L’ours fit le tour de la cuisine, s’arrêta sur chaque aliment, et alla même jusqu’à sentir Rebecca et le shérif. Cependant il s’en détourna bien vite et repartit comme il était venu, sans avoir rien mangé. Une fois que l’ours disparut, le shérif s’énerva :  
- « Je t’avais bien dit que de laisser cette porte ouverte te causerait des ennuis, il aurait pu t’agresser et tout saccager. Je ferai un rapport à tes supérieurs. »   Trois jours plus tard, Madame Branton reçut une lettre en bonne et due forme, pour lui annoncer la rupture de son contrat, « pour manque de vigilance à la sécurité du personnel ». La pauvre Rebecca se retrouva au chômage sans vraiment comprendre pourquoi, car ce jour là elle était seule, c’était donc sa propre sécurité. Elle revendit donc la belle voiture et racheta une vielle. Néanmoins, trois semaines plus tard, elle retrouva un travail dans le fast-food du coin, moins cher payé, mais il fallait bien vivre. Elle reprit donc ses petites habitudes quotidiennes, mais beaucoup moins joyeuse, car l’odeur de friture et la vue de la viande baignant dans le sang et la graisse, la répugnait quelque peu. En arrivant au fast-food, elle referma bien la porte derrière elle et alluma les friteuses. Peu de temps après l’arrivée des premiers clients, le grizzli du Subway entra. Paniqués, les clients laissèrent tomber leur nourriture. Rebecca Branton n’était pas vraiment effrayée, pensant qu’il s’en irait vu le comportement qu’il avait eu la dernière fois. Cependant l’ours se rua sur les hamburgers tombés par terre. L’ours continuait de manger sans vouloir s’arrêter, et quand il n’y eu plus rien, s’attaqua à un client. Rebecca, alors, affolée jeta les restes de frites à l’ours, qui se détourna du client, les avala goulûment. Elle fut écoeurée de voir que même l’ours préférait les frites aux légumes frais qu’elle préparait chez Subway. Lorsque que le shérif arriva, et il commença à tirer sur l’ours, il le blessa, ce qui rendit l’ours encore plus enragé. Il cassa les tables, les chaises, le shérif tira une seconde fois, et abattit l’ours. Révulsée par ce massacre, Rebecca démissionna, même si cette fois, le shérif fit son éloge pour avoir sauvé le client. Elle se fit engager dans une association pour la protection des animaux, et fit du bénévolat à l’hôpital pour la prévention sur l’obésité.

Desbois-Perrot Juliette 2nde3 Qu’est ce que c’est que ce cinéma ?

Je pensais vivre enfin seule mais c’était sans compter sur ma mère. Elle m’appelait en permanence pour savoir comment j’allais. J’avais élu domicile dans le nord de la Colombie britannique, à l’opposé de celle-ci. Je m’étais vite rendue compte que plus j’étais loin d’elle, plus elle s’inquiétait. Si par malheur je ne décrochais pas, je devrai me préparer à subir le courroux d’une mère surprotectrice. « Rébecca ce-ci ! Rébecca cela ! » Je commençais à en avoir assez et décidais de lui rendre visite pour l’apaiser. Mais cela n’avait pas eu l’effet escompté. Je lui avais dit de ne pas m’appeler sur la route du retour, mais elle m’avait tellement harcelée que mon talkie-walkie de portable avait succombé. Ce fut en quelque sorte une délivrance. La fin du trajet fut calme. Enfin arrivée à terme, je poussais un soupir de soulagement. Cette semaine aura été ardue. En passant devant mon téléphone fixe, j’essayais d’ignorer le nombre qui clignotait. Il indiquait vingt messages non consultés. Soupirant une deuxième fois (cette fois ci d’exaspération), je décidais de ne pas les consulter imaginant trop bien ma mère s’énervant sur ma messagerie. Je me couchais tôt ce soir là (en ayant pris soin de débrancher le téléphone). Le lendemain, je devais me lever tôt pour aller travailler au Subway du centre ville. Ce n’était qu’un travail provisoire en attendant de prendre ma décision sur la voie que j’allais choisir. Le lendemain toujours décidée à éviter les messages angoissés de ma mère poule, je pris un déjeuner rapide et ne rebranchais pas le téléphone. Je fis hurler ma vieille Ford et pris la direction du Subway. Le parking é tait désert (évidement j’étais une demi heure en avance). Je rentrais dans les vestiaires, revêtis la tenue réglementaire et pinçais la carte, qui m’identifiait comme Rébecca Branton, à l’une des poches de ma chemise. Puis je me réfugiais dans les cuisines et mis mon MP3 assez fort pour ignorer les bruits du dehors. Après avoir attendu plus d’une demi heure je commençais à m’inquiéter, puis entendis la clochette de la porte des clients tinter. Me résignant à affronter les clients seule je me dirigeais vers le bar de service en scandant : « - Bonjour ! Bienvenue au Subway que puis-je … » Stupéfaite je ne finissais pas ma phrase. Le client en question était poilu, très impressionnant et marchais à quatre pattes. Alors tout s’éclaircit dans ma tête. Voila pourquoi j’étais seule ! Voila pourquoi mes collègues n’étaient pas rentrés ! Ils avaient vu cette bête énorme roder autour du Subway ! Un détail m’échappa. Ma voiture était reconnaissable entre toutes (elle était vert pomme) et ils n’avaient pas fait le rapprochement comme quoi je me trouvais à l’intérieur ? C’était bizarre. Durant mon débat intérieur l’ours c’était rapproché. Je me surpris à apprécier sa fourrure d’un doux chocolat qui luisait à chacun de ses mouvements. Ses pattes musclées se finissaient par de longues griffes bien entretenues. Bien entretenues ! Je perdais la boule ou quoi ! Oui c’est ça je perdais la boule. J’avais l’impression qu’il y avait du monde dehors et je cru apercevoir un éclat à travers une fenêtre. Je devenais folle ! Sans m’en rendre compte j’étais tombée à genoux parterre. M’apercevant que l’ours se rapprochait de moi, je me perdis dans ses yeux bien ronds. Ils étaient d’une douceur empreinte d’intelligence. Ils étaient d’un caramel soutenu à vous faire fondre de plaisir. Mais moi je restais là, hébétée et immobile alors que mon instinct me soufflait de fuir. Je ne lui obéis pas, c’est l’ours qui parti. Il traversa tout le restaurant ignorant la nourriture et sorti par la porte de service. Pourquoi avait-il dédaigné la nourriture ? Pour quelles raisons était il venu si ce n’était pour manger ? Surprise je sursautai en entendant : « - Coupez ! C’est dans la boîte ! »  Puis un flot de monde débarqua dans le restaurant. Un homme que je reconnu vaguement se dirigea vers moi et cira :  « -Fantastique ! Magnifique ! Sensationnel ! Vous êtes parfaite Mlle Kingston ! » Après un moment je compris qu’il s’adressait à moi. Je me relevait encore hébétée et lui dit d’une petite voix : « -Je ne m’appelle pas Mlle Kingston, mais Mlle Branton… J’aimerais bien savoir ce qu’il se passe ici ? -Comment ça ? Vous n’êtes pas l’actrice qui devait jouer cette scène ? Celle qu’on a envoyée en urgence ? -Mr Schakelto ! Mr Schakelto ! Mlle Kingston s’est retirée elle ne veut pas jouer avec Sugar ! » En un éclair je compris. Le restaurant avait été utilisé pour jouer la scène d’un film ; mon patron avait dû essayer de me mettre au courant, mais mon portable avait rendu l’âme et j’avais débranché volontairement mon téléphone. On m’avait prise pour une actrice et avait tourné la scène (c’était ça ces ombres et reflets). « -Mmm… C’est embêtant, dit le réalisateur que je connaissait pour l’avoir vu à la télé. Vous êtes une employé d’ici déduisit celui-ci. -Oui. Qui est Sugar ? Dis je en fourmillant de questions. -C’est l’ours avec lequel vous avez joué ; inconsciemment, dit’il en riant. Mmm…Accepteriez vous de devenir actrice et de remplacer Mlle Kingston ? Proposa t’il une lueur dans les yeux -Et bien, c’est un peu soudain mais je ne m’y refuserais pas… -Vous êtes engagée Mlle Branton ! Scanda t’il en riant. »

Les nuages obscurcissaient la vallée ce matin là. Rebecca Branton, le sourire aux lèvres, ouvrait son restaurant Subway, qu’elle venait d’inaugurer une semaine auparavant dans le nord de la Colombie britannique. Le restaurant surplombait la vallée où se dressaient des forêts de pins et autres conifères. On pouvait d’ailleurs y observer de nombreux animaux. Rebecca avait mis beaucoup de son temps et de son énergie pour venir à bout de son projet et elle n’en était pas peu fière. Elle entra dans la cuisine impeccable et commença à préparer les plats qu’elle n’allait pas tarder à servir à ses clients. En effet, sa campagne de publicité n’avait pas été vaine puisque son slogan « Subway vallée, même les ours peuvent se régaler » avait attiré de nombreux clients.

Elle s’affairait donc en cuisine lorsqu’elle entendit la clochette tinter et des éclats de voix dans la salle : ses premiers clients de la journée. Rebecca s’empressa d’aller les saluer, les installa puis prit leur commande : un sandwich à la dinde et un autre au bacon… Quelques minutes plus tard, elle revenait en salle tout sourire et servait les assiettes. Elle s’éclipsa et c’est à ce moment précis qu’elle entendit un bruit sourd suivi de vaisselle cassée provenant de l’entrée.

Rebecca crut d’abord qu’un de ses clients avait laissé tomber une assiette, et se précipita dans la salle pour ramasser les débris. Mais en sortant de sa cuisine, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle se trouva nez à nez avec un ours brun ! Il était gigantesque, dressé sur ses pattes arrières. Son pelage était d’un brun presque noir et il fixait Rebecca d’un œil mauvais. Il grogna. Ses crocs étaient pointus et il aurait pu arracher un bras en un coup de dents. Rebecca cessa de respirer et risqua un œil du côté des deux personnes qui s’étaient réfugiées dans un coin de la pièce, puis sur l’assiette cassée avec le sandwich marqué de coups de griffes. Un des clients apeuré murmura : « - J’avais laissé la porte entrouverte, il est entré et s’est dirigé vers nos assiettes. Il les a senties puis a aussitôt mis les plats à terre ! » Rebecca hocha la tête. Elle avait entendu parler des ours affamés qui rentraient dans des restaurants mais n’aurait jamais imaginé que cela se produirait dans son fast food ! L’ours fonça dans la cuisine et Rebecca eut tout juste le temps de s’écarter d’un bond. Il se précipita sur les plats préparés, tous plus gras les uns que les autres, renversant deux chaises au passage. L’animal renifla toutes les assiettes avec avidité mais bizarrement les dédaigna et les fit tomber sur le carrelage blanc en grognant rageusement. La jeune femme était troublée et ne savait que faire. Habituellement, les ours se ruent sur la viande quand ils ont faim or celui-là refuse toutes les assiettes ! Quel gâchis ! De la si bonne dinde, on venait tout juste de la lui livrer ! L’ours commença à tourner en rond, s’énerva et cassa un pied de table. Rebecca, tout à fait paniquée, appela le service vétérinaire. A peine eut-elle raccroché que l’ours revint vers elle en grognant de mécontentement et sortit de la cuisine. Les clients apeurés étaient toujours dans leur coin et gémissaient.

L’animal insatisfait traversa la salle et sortit du restaurant. Après quelques secondes d’arrêt, il repartit en direction de la forêt. Quel ours étrange ! A cet instant précis, Rebecca entendit le vrombissement de la camionnette du service vétérinaire, inutile à présent que l’envahisseur avait déserté les lieux. Elle courut à l’extérieur. Après que Rebecca eût décrit le comportement étrange de l’ours, l’homme réfléchit : « - En effet c’est étrange. Nous allons tout de même faire inspecter la viande que vous vendez. Je vais l’apporter au service sanitaire. Je reviens dans une heure. Allez-y je vous en prie. » L’homme entra dans la cuisine et prit la viande laissée par l’ours. Une heure s’écoula durant laquelle Rebecca tenta de mettre de l’ordre dans la salle et la cuisine, tout en discutant avec ses clients de la scène pour le moins irréaliste qui venait de se produire. M. Beary revint avec l’échantillon de viande et demanda à Rebecca de le suivre dans la cuisine. « - Mademoiselle, ce qui vient de se passer est tout à fait extraordinaire. Toutefois, je vais devoir prendre le nom et l’adresse de l’entreprise qui vous a vendu cette viande. Expliquez-moi donc !, s’impatienta la jeune femme. La viande que contenaient ces sandwichs est avariée mademoiselle. Périmée depuis plusieurs jours. »

Rebecca en resta muette de stupéfaction. Elle donna sans broncher l’adresse de son fournisseur et salua M. Beary. Avariée, sa viande était avariée. C’était donc pour cela que l’ours n’avait pas voulu y toucher ! S’il n’avait pas été là, on aurait assisté une grave crise d’intoxication alimentaire et Rebecca aurait dû fermer son restaurant… Elle lui devait une fière chandelle.

Camille Huguenot, 2nde 3

Fast-Wood

Il devait être près de 5 heures du matin quand on introduisit une petite clé rouillée dans la serrure d’une porte épaisse, à l’arrière d’un fast-food de la chaîne Subway, au fin fond du Canada. Un cliquetis sec retentit, et Rebecca Branton, une femme d’un certain âge, poussa la lourde porte qui donnait sur la cuisine du restaurant. Elle pressa l’interrupteur à sa droite et les lampes halogènes se mirent en route, éclairant la pièce d’une lumière agressive. Rebecca posa son manteau, et se mit au travail. Il fallait que tout soit prêt avant l’arrivée des premiers clients, et aujourd’hui, elle était plutôt en retard. Elle mit la vitrine en place, nettoya le comptoir, passa un dernier coup de balai dans la salle du restaurant, alluma la radio et tourna la pancarte de la porte d’entrée de sorte que le mot « Open » puisse être visible par tous. Elle disposa ensuite les menus sur les tables et jeta un coup d’œil furtif à la carte. Elle n’avait pas eu le temps de prendre de petit-déjeuner et malgré sa faim, l’envie de grignoter quelque chose disparut très vite car tous ces produits chimiques l’écœuraient fortement : « Tous des ours » songea-t-elle. « Comment peut-on se nourrir de ces choses infectes ? » Rebecca détestait ce travail et préférait de loin que l’on préserve la forêt plutôt que de servir des brutes malpolies dans un restaurant qui, justement, se trouvait au milieu de celle-ci. Mais malheureusement, les temps étaient durs et sa piètre retraite ne suffisait plus à subvenir à ses besoins. Elle sortit brusquement de ses pensées, l’horloge sur le mur indiquait déjà six heures. Vite, elle entra dans la cuisine et se plongea dans les muffins, beignets et autres cochonneries en tous genres…

Quelques minutes plus tard, un tintement léger se fit entendre dans le fast-food et Rebecca reconnu le carillon de la porte d’entrée : le premier client, très symbolique, était arrivé. Elle était alors encore occupée dans la cuisine et, comme une phrase enregistrée sur un magnétophone, déclara d’un ton faussement joyeux : « Bonjour et bienvenue chez Subway, veuillez attendre un moment, je suis à vous dans un instant » Et voilà, la journée avait désormais officiellement commencé. Elle soupira et alors qu’elle s’apprêtait à sortir de la pièce, elle dessina sur son visage un sourire un peu forcé : « Que puis-je faire pour v... » Elle ne pu finir sa phrase. Ce qui se tenait devant elle était tellement insensé ! Elle se frotta les yeux ; après tout, il était fort probable qu’elle ait rêvé… Mais non. UN OURS ! Il y avait bien un ours, là, dans son restaurant.

Bien sûr, elle savait qu’il y en avait dans la région, mais ils ne s’étaient encore jamais approchés des installations urbaines ! Rebecca s’était installée au Canada quelques mois plus tôt car la grisaille monotone de New York la déprimait, et n’avait donc aucune idée de la façon dont il fallait réagir face à cette situation. Son premier réflex fut de se cacher derrière le comptoir et, figée par la peur, elle tenta de se concentrer sur les déplacements de la bête entre les tables pour calmer les battements de son cœur. « Du calme ma vieille » se dit-elle. « Tu es New-Yorkaise, rien ne t’effraie » Grâce au miroir derrière le comptoir, elle pouvait observer aisément les faits et gestes de l’animal et se tenait prête à changer de position si nécessaire. Pendant ce temps, la radio locale continuait de diffuser son programme matinal quand un flash spécial interrompit l’animateur : « Bonjour, nous souhaitons informer nos auditeurs qu’un ours s’est échappé du cirque basé à l’entrée de la ville ; son dresseur ainsi que les forces de Police sont actuellement à sa recherche. Si vous l’apercevez veuillez les contacter au numéro spécial mis en place : 003 857. Cet ours n’est pas dangereux, mais si vous vous trouvez en sa présence, évitez les gestes brusques et ne criez pas. Ne tentez surtout pas de le capturer, il peut devenir agressif s’il se sent en danger… » Le téléphone. Il fallait que Rebecca attrape le téléphone. « 003 857, 003 857, 003 857… » Elle se répétait inlassablement ce numéro afin de ne pas l’oublier. Mais malheureusement, elle avait laissé son portable sur le comptoir et ne pouvait l’attraper sans trahir sa présence auprès du fugitif. « Tant pis » se dit-elle « C’est ma seule chance ». Elle se releva donc très lentement et une fois debout, elle tendit le bras vers l’appareil. En la voyant, l’ours s’énerva mais il était coincé sous une table et ne pouvait avancer vers elle. Rebecca composa le numéro, prévint les secours qui promirent d’arriver très rapidement. Et se réfugia à nouveau hors de la vue de l’animal.

Elle était presque soulagée quand elle entendit un fracassement assourdissant ; l’ours s’était dégagé et s’approchait d’elle en poussant d’énormes grognements. « On dirait mes clients ! Oh mais c’est donc ça, il a certainement faim !! » Elle courut à la cuisine et en rapporta une dizaine de sandwichs qu’elle s’empressa de jeter à l’animal. Il s’arrêta et les renifla longuement ; il semblait plus calme, à présent. Cependant, cette nourriture ne devait pas lui convenir, car il n’en goûta qu’un morceau avant de se diriger vers la sortie, tel un client non satisfait.

Maintenant que tout était calme, Rebecca s’assit sur une chaise, avec le bourdonnement de la radio comme seul compagnon : « Il est sept heures moins le quart, passez une bonne journée » Sur ces mots, elle se mit à rire avec soulagement, tout ce cirque était terminé. « Une bonne journée, oui. Comme tu dis ! » Mais il était déjà sept heures moins le quart et il fallait à nouveau tout nettoyer. Elle se remit aussitôt au travail et alors qu’elle mettait la dernière table en place, le carillon de la porte d’entrée retentit à nouveau. « Bonjour et bienvenue chez Subway » dit-elle automatiquement. Ouf, cette fois, c’était bien un homme, un être humain ; ce qui réjouit Rebecca. « Je pourrais manger comme un ours, donnez-moi donc un de ces énormes sandwichs… Le Big Bear me semble parfaitement indiqué ! » Dit-il en remuant frénétiquement la carte qu’il tenait entre les mains. Rebecca sourit. Elle en avait déjà servi dans la matinée même si le précédent client ne l’avait guère apprécié. L’homme avala goulûment sa commande en poussant des grognements de satisfaction. « Finalement, » se dit Rebecca « mes clients ne sont pas des ours, ils sont bien moins gastronomes ! »

Carmen BOREY

Un client pas comme les autres

Il est 10h35. Rebecca Brandton répète inlassablement les mêmes gestes, depuis plus d’un an maintenant : tartiner, garnir, chauffer, emballer, présenter des centaines de sandwichs par jour. Le maigre salaire versé par le fast-food ne lui permet plus de vivre convenablement. Elle ne lave plus son tablier d’ailleurs, sur lequel on distingue à peine le mot « Subway » à travers les diverses taches de ketchup et de mayonnaise. Elle rêve souvent, pendant son service, d’escapade dans la nature, de clairière calme, où le seul bruit qui vient tuer le silence est le clapotis de l’eau d’un ruisseau. Elle rêve tellement qu’elle en oublie presque les clients, de l’autre côté du comptoir, qui attendent patiemment leurs sandwichs à peine cuits. Mr Scott, son patron, la menace même de la renvoyer si elle ne s’occupe pas mieux de la « fidèle clientèle » comme il le dit si bien. Celui-là, Rebecca ne peut pas l’encadrer : avec son impeccable smoking et son air hautin, il se sent supérieur aux autres, alors qu’il n’est que le petit patron d’un minable fast-food. La clochette retentit. Le premier client arrive. C’est Mr Rylay, un habitué du restaurant. Même une personne qui ne le connait pas peut deviner qu’il mange régulièrement au fast-food : il est tellement obèse que l(on a l’impression d’avoir une boule de graisse devant soi. Pas étonnant : tous les midis, il mange un double sandwich ketchup-mayonnaise-steak, avec un demi-litre de soda par dessus le marché. Un petit régime ne lui ferait pas de mal à celui-là. Comme à son habitude, il s’assoit à la première table à droite, en rentrant, sur une large banquette de cuir. Rebecca est encore dans la lune. La clochette retentit à nouveau. La serveuse s’imagine dans une forêt pleine de pin, en harmonie parfaite avec les animaux, à qui elle parlerait comme à des humains. Elle voit un ours arriver vers elle, ave une démarche un peu molle. Elle voudrait le caresser. Mais l’ours se met à grogner. Un grognement qui, d’ailleurs, va ramener Rebecca dans son fast-food. Car l’ours, ce n’était pas un rêve ! Elle le voit sur ses quatre pattes, dan le restaurant, en train de pousser des grognements. Elle se dit d’abord qu’elle est en train de rêver, Mais lorsqu’elle voit Mr Rylay prendre ses jambes à son cou et courir aussi vite qu’il le peut, ce qui n’est pas très rapide, elle comprend qu’elle ne rêve pas. Un ours. Un ours au pelage très foncé, là, planté au milieu de la petite salle, en train d’observer les recoins du restaurant ? Il n’est pas de grande taille, mais il est assez costaud pour tuer un homme rapidement. « Mais qu’est-ce que c’est que ce raffut ? », demande Mr Scott, qui arrive depuis son bureau, situé à l’arrière du restaurant. « Ah ! Rebecca, prévenez la police bon-sang ! Faites vite ! » hurle-t-il. Mais Rebecca ne l’entend pas. Elle est immobile, comme en admiration devant l’animal. Mr Scott,, qui habituellement se prend pour le plus fort, est retourné s’enfermer dans son bureau, en priant le Saint Esprit pour que l’ours ne le tue pas. Ca y est, L’ours se déplace. Il monte sur une chaise, se jette sous une table, tourne sur lui-même, ... tout cela en poussant de petits grognements. Rebecca le regarde, éberluée. Elle n’avait vu un ours d’aussi près de sa vie qu’une seule fois dans sa vie, lorsqu’elle était petite. C’était au zoo municipal. Elle en garde d’ailleurs un très mauvais souvenir, puisqu’en essayant de caresser le grizzli, celui-ci avait manqué de lui hacher la main avec ses crocs acérés. Rebecca n’ose pas bouger. Par peur sans doute, car cet ours lui rappelle fortement celui de sa jeunesse. Pourtant, celui-là n’a pas l’air effrayant. Il continue son petit manège. Soudain, il s’approche du double sandwich de Mr Rylay. Il le renifle mais ne le mange pas, comme par dégoût. Il doit certainement se demander comment les humains peuvent-ils manger de la nourriture aussi infâme que celle-là. Car il est vrai que la nourriture de fast-food est dégoûtante : bourrée de matières grasses, de produits chimiques dont on ne connait même pas les effets. C’est également une arme de destruction lente ; commencez à manger au fast-food régulièrement, et vous vous transformerez petit à petit en une boule, engraissé par le ketchup. L’ours, lui, l’a bien compris, et il n’a pas l’air du tout intéressé par cette nourriture. Son comportement intrigue quand même Rebecca. Il lui donne l’impression de chercher quelque chose. Mais quoi ? Elle a tout de même de moins en moins peur, et elle commence à nettoyer le ketchup qui a coulé par terre, car pétrifiée par l’entrée de son nouveau client, elle en avait presque oublié le tube de sauce qu’elle utilisait lorsque l’animal fit irruption. L’ours, quant à lui, a quitté la table favorite du bon vieux Rylay et est maintenant sur ses deux pattes arrières, devant le présentoir du guichet, au fond de la pièce, à observer à travers la vitre les différents sandwichs et autres cochonneries caloriques. Rebecca l’observe en silence. Soudain, elle comprend ce qui avait amené l’animal dans la brasserie : l’abeille. Cette abeille qui, au milieu des sandwichs, est en train de bourdonner tranquillement. La serveuse se dit qu’elle s’était égarée, et que l’ours, omnibulé par la pensée qu’une abeille mène au miel, l’a suivie depuis la forêt, qui se trouve tout de même à 3km de la ville ! Le soulagement gagne soudain Rebecca, comme si on lui avait ôté un poids énorme. Naturellement, elle retourne à la cuisine, d’une démarche assurée, ouvre le premier placard, qui se trouve au-dessus de la gazinière, et en ressort un énorme pot de miel, qui sert habituellement à badigeonner les pâtisseries déjà assez grâce comme cela. Elle contourne alors le guichet, et doucement, va poser la jatte de miel aux pieds de l’ours, qui la regarde curieusement. Rebecca s’écarte et va se positionner à quelques mètres, de façon à ne pas louper le festin auquel elle va assister. L’ours renifle d’abord la nourriture, puis remarquant qu’il s’agit de miel, trempe ses énormes pattes dans le pot. Il se régale. Rebecca est émerveillée. Les portes s’ouvrent violemment. Une dizaine de policiers entre, leurs armes pointées sur l’animal. Lorsqu’ils le virent assis par terre, en train de s’empiffrer avec passion de miel, ils ne peuvent que tomber sous le charme, comme Rebecca. Quelle belle image : des policiers assis, attendris par l’insouciance de l’ours qui se régale. Comme dans les rêves de Rebecca ...   By Jean-Marie LE GOFF

Ruche en panique !

Il est 6h30 du matin, les rues de Labrador City sont désertes. Soudain, le premier bruit de moteur de la journée se fit entendre dans ces grandes rues. Les fêtes de Noël sont passées, les magasins sont encore fermés, les habitants ont encore une ou deux journées de vacances et en profitent pour se reposer. Mis à part, Rebecca, jeune Québécoise pleine de joie et de gaieté venue faire l’ouverture du fast-food ‘ SubWay’. Comme à son habitude, elle va garer sa voiture contre le mur à l’extrémité du parking, la seule place où elle peut garder un œil sur elle. Elle sortit de sa voiture, tranquillement sans se presser. Rebecca était habillée de la tête aux pieds en tenue de service : chaussures de sports, chaussettes, jean et un t-shirt à carreaux verts et blancs aux couleurs du restaurant. Bien sur, aucune tenue provocatrice n’était acceptée !

On entendait le vent souffler légèrement, sûrement la seule occasion de l’entendre avant les bruits de voitures et lorsque la ville se réveille. Mais ce silence ne mettait pas Rebecca très à l’aise. Elle était inquiète, pour nulle raison mais n’aimait pas ces situations. Arrivée au porche du restaurant, elle fut surprise par un bruit dans les buissons à coté de l’allée qui l’a fit sursauter ! Elle essaya de se rassurer, ne voyant rien, elle se dit que ce n’était purement et simplement le vent qui fit trembler les branches.

Une fois entrée dans la salle principale, elle alluma toutes les lampes et fit rugir les radiateurs. La pièce était simple : décoration et emplacement des tables comme n’importe quel type de fast-food. Au fond du restaurant, on avait une magnifique vue de la forêt au miel. Rébecca n’avait cependant pas le temps d’admirer le paysage. Le travail l’attendait en cuisine, elle devait commencer à préparer les premiers petits déjeuners de la matinée. Trouvant le temps long, elle mit la télé en marche. Celle-ci se trouvait à l’extrémité du bar, de sorte que les clients puissent la regarder facilement. Elle entra dans le bar, sortit la télécommande d’un tiroir et chercha une émission pouvant l’intéresser. Elle fouilla pendant un bon moment les différentes émissions à l’antenne, lorsque le four sonna. Elle jeta la télécommande de précipitation pour retourner en cuisine et retirer ses croissants du four, décidemment ce n’était pas son jour ! Les croissants étaient complètement carbonisés.

De sa cuisine, elle entendit le feuilleton diffusé a l’antenne : ce devait être encore une de ces histoires d’amour romantique américanisé se dit-elle ! Deux heures se sont écoulées. Elle ouvrit la boutique aux horaires d’ouverture comme indiqué sur la porte. N’ayant pas encore fini de préparer les repas, elle repartit en cuisine. Elle était seule. Toutes les autres employées étaient en congé.

A un certain moment, elle entendit une mélodie assez énervante et stressante de carillons se bousculant les uns des autres, et un grand bruit de vitre s’entrechoquer. Sans doute la porte ouverte avec brutalité ! Ce fut le premier client de la journée. Elle entendit respirer fort. Peut être un signe d’énervement de la part du client. Elle crut un instant que son service était peut être trop long : « - Ne vous en faites pas monsieur, j’arrive dès que j’ai fini, ne bougez pas ! Dit-elle de la cuisine. Ne t’inquiète pas bébé, tu prendras le temps qu’il faudra, répondit un homme d’une vois grave et sensuelle. »

Pourtant elle s’interrogeait … Etait-ce vraiment le vent qui avait frappé cette porte si violemment ? Et cette voix, si elle provenait de la télé ?

Mais elle entendit quelqu’un traversant la salle, faire les cents pas :

« - Si vous le souhaitez, vous pouvez changer de chaîne, dit-elle, la télécommande doit être parterre, au pied du bar ! » 

Curieuse de voir à quoi ressemblait son client, elle s’avança vers un encadrement de porte qui faisait office de séparation entre la cuisine et la salle principale. Par maladresse et légèrement émoustillée par les paroles du client, elle fit tomber une assiette préparée sur le bord du plan de cuisine qui se cassa en mille morceaux et fit un bruit épouvantable ! La chaîne de télévision changea à la seconde près ! En ramassant les dégâts, elle entendit, à l’intonation de la voix off, du vocabulaire animalier et des termes comme hibernation, qu’un documentaire animalier était à l’écran.

Elle pénétra dans la salle, et là… La surprise était de taille ! Rebecca restait figée prise par la peur. Elle était face à un ours, d’une taille et d’une corpulence énorme. Il était là, assis sur le carrelage entre chaises et canapés, devant la télé. Fixait ses copains, sa famille et ses camarades dans un documentaire télé sur les dangers que les ours subissent à cause du braconnage.

Rebecca analysa et s’aperçut au bout d’un certain temps de la situation, se remémorant les actions passées. Elle n’y croyait toujours pas. Paniquée, tout seule, sans aucune idée, elle crut à son dernier jour.

Elle prit le téléphone, accroché à coté du bar, et repartit sans aucun bruit, aucun faux pas et le plus discrètement possible en cuisine. Comme premier réflexe, téléphoner à la police :

« - Allô, oui, la police ? Oui, j’ai besoin d’aide. Un ours s’est aventuré dans mon restaurant en admiration devant ma télé. Venez vite, j’ai besoin d’aide dit-elle en chuchotant.

Que peut-il bien regarder votre ours pour être dans cet état ? S’exclama le policer d’un air moqueur, rigolant et racontant la scène à son collègue. Vous savez Mademoiselle, donnez lui à manger, il doit avoir faim ! » 

L’agent lui raccrocha au nez, provoquant dans cette aventure inédite mais pas vraiment drôle, sa fureur. Malgré ça, les policiers n’avaient pas tort vis-à-vis de la nourriture ! Le mot n’a fait qu’un tour dans son cerveau ! Elle alla chercher ses petits déjeuners cuisinés avec amour, mais s’interrogeait encore une fois : vers où pourrait-elle attirer l’ours sans qu’il la voie ?

Son esprit s’éclaircit, elle pensa trouver la solution. Elle sortit par la porte de secours, fit le tour avec ses petits pains et autres boissons chocolatées et jeta tous ses petits plats, à l’entrée du restaurant pour faire en sorte d’attirer cette belle bête vers l’extérieur et se sentir en sécurité. Une fois avoir déposé la cargaison, l’ours fut toujours aussi attentif au documentaire de son espèce. Elle toqua à la porte de façon à ce que l’ours regarde à l’extérieur du Sub-Way et vienne déguster pour repartir dans son milieu naturel.

L’ours, se leva alors doucement, attiré par l’odeur et se dirigea vers la porte que Rebecca avait ouverte. Reniflant une vingtaine de secondes, l’ours ne devait pas être fan de chocolat, sans doute faisait-il attention à son foie ! Il dédaignait la nourriture, est-ce possible ? Cachée, Rebecca était désemparée et ne savait plus quoi faire ! Malgré plusieurs tentatives de lancers de sandwichs et de différents aliments, l’ours n’avait vraiment pas faim !

Apres un changement de direction du vent. La forêt au miel dégagea toute son odeur. L’ours attiré, museau en l’air, se dirigea alors vers les bois. Quelle aubaine ! Enfin de la nourriture saine !

JASINSKI Anthony 2°3

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